Mardi 31 juillet 2007
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« Qu’est-ce qui a bien pu leur passer par la tête ?! »
Voilà une question que nous nous sommes tous posée en lisant le journal ou en écoutant quelqu’un raconter un fait divers. Nous nous demandons comment de jeunes garçons
ont pu commettre un vol, insulter un inconnu, agresser une personne pour un peu d’argent, brûler un commerce ou pire violer, tuer… D’où vient donc cette « délinquance » ?
La question que nous nous posons ici est « pourquoi ? ». Ce n’est pas l’aspect sociologique et juridique de la délinquance qui est au centre de
notre étude mais son versant clinique. Quels sont les facteurs responsables de ces actes agressifs et hors la loi ? Qu’est-ce qui, chez un adolescent, a déclenché autant de violence ?
Est-ce un agent perturbateur qui est apparu ou au contraire est-ce un repère qui a disparu ?
De nombreuses études ont montré que la puberté et l’entrée dans l’adolescence sont des périodes charnières sur le chemin de la maturité, ce sont des moments difficiles
pour le jeune qui voit son corps changer en même temps que son regard sur le monde. Il est en proie à des angoisses dont il a du mal à parler avec son entourage (famille, pairs…). La puberté fait
ressurgir les conflits refoulés de l’enfance, fait émerger la sexualité, donne une certaine force physique et submerge l’adolescent qui plie sous les le poids des doutes et des peurs.
En général, la plupart des adolescents passe cette « crise » sans trop de problèmes, mais pour d’autres les complications s’accumulent : un manque de
repères, un environnement instable sur lequel ils ne peuvent s’appuyer, un défaut de mentalisation et de mise en sens des émotions, des troubles psychologiques et c’est la rupture, le passage à
l’acte, l’acting-out, les diverses formes de délits.
Nous essaierons ici de discriminer l’étiologie des différents délits commis par de jeunes garçons mineurs placés en Centre Educatif Fermé, de comprendre ce qui a
poussé les uns à passer à l’acte, les autres à l’acting-out et certains à commettre des agressions sexuelles.
Le but d’un placement en Centre éducatif fermé est certes d’éviter l’enfer de la prison à un mineur, mais c’est aussi de lui apporter l’écoute active et bienveillante
dont il a manqué et le soin qu’on ne lui a pas offert ou qu’il n’a jamais pu investir jusqu’alors.
L’objectif de cette étude est avant tout d’offrir une prise en charge adaptée à chaque adolescent en fonction des données qui seront recueillies durant plusieurs mois
grâce aux entretiens et au test projectif que nous leur proposerons. La validité prédictive des résultats du TAT permettra de venir en aide non seulement aux jeunes qui l’auront passé
mais aussi à ceux qui seront placés dans l’institution après eux.
C’est une étude descriptive et comparative que nous mènerons car les conséquences de la délinquance nous les connaissons bien, les raisons qui ont poussé ces
jeunes à franchir la barrière de la loi, beaucoup moins.
Pour lire le texte intégral de l'article de Aurélie Huyette, étudiante en psychologie et en psychopathologie clinique, cliquer ici