Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /2007 21:03

   

   Le CESDIP vient de publier une étude intitulée  :  "Le traitement judiciaire des mineurs, le cas des émeutiers déférés en novembre 2005".
 
    Il s'agit d'une étude menée au tribunal pour enfants de Bobigny par Aurore Delon et Laurent Mucchielli.

     Vous pouvez lire ce document soit directement sur le site du CESDIP, soit en
cliquant ici

Par Michel Huyette - Publié dans : banlieues
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /2007 09:37

     Le sénat vient de publier (juin 2007) une étude décrivant les âges de la majorité pénale et de la responsabilité pénale dans les pays européens.


     Pour lire le document,
cliquer ici

Par Michel Huyette - Publié dans : délinquance (généralités)
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /2007 08:29
     Le Réseau droit des jeunes" donne son avis sur le projet de loi relatif à la récidive des mineurs.

     Pour lire le communiqué,
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Par Michel Huyette - Publié dans : récidive et peines minimales
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /2007 08:09

     Un groupe de professionnels vient de lancer un appel "pour que soit conduite une évaluation des politiques publiques et que soient attribués des moyens aux politiques qui permettent l'éducation des adolescents", ceci après la publication du projet de loi concernant la récidive des majeurs et des mineurs.

     Pour lire le texte de l'appel, 
cliquer ici

     Le site dédié à l'appel :   www.appel-adolescents.org

Par Michel Huyette - Publié dans : récidive et peines minimales
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /2007 23:02


Par Philippe Chaillou


Le projet de loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs repose, en ce qui concerne les mineurs, sur deux grands principes. Les mineurs de plus de 13 ans se verront infliger des peines minimales, dites peines plancher, et les mineurs de plus de 16 ans encourront le même maximum de peine que les majeurs. Rarement projet de loi aura suscité, chez les professionnels, autant d’incrédulité.
 
Il s’agit tout d’abord d’un projet déraisonnable. Prenons des exemples concrets. Un mineur, âgé de 13 ans et quelques jours, qui aura commis un vol de pain au chocolat, si c’est sa deuxième infraction, se verra obligatoirement condamné à un minimum de six mois d’emprisonnement et encourra un maximum de trois ans d’emprisonnement, s’il est décidé de lui appliquer une peine. De la même manière, s’il s’agit d’une troisième infraction, un mineur, âgé de 16 ans et quelques jours, qui, dans le RER, aura dérobé cinq euros à un autre jeune de son lycée, en le tenant, et en compagnie d’un camarade, se verra obligatoirement condamné à un minimum de quatre ans d’emprisonnement et encourra un maximum de vingt ans d’emprisonnement. Fort heureusement dans ces deux cas, «par une décision spécialement motivée», le tribunal pour enfants pourra prononcer une peine inférieure à la peine plancher. Mais quel est le sens pour des jeunes, leurs parents et une société dans son ensemble, que de telles peines soient inscrites dans la loi pour de telles infractions, même commises en récidive, alors que, pour des crimes commis en première infraction, il est prévu des peines nettement inférieures ?
 
Ainsi, ce même jeune de 16 ans et quelques jours, s’il commet, en première infraction, un viol, ne sera pas justiciable d’une peine plancher et encourra un maximum de sept ans et demi d’emprisonnement. S’il commet, toujours en première infraction, un meurtre, aucune peine plancher n’est prévue à son encontre et il encourra un maximum de quinze ans de réclusion criminelle. Où se trouve la logique d’une telle échelle des peines quand un vol dans le RER commis en troisième infraction est réprimé par la loi beaucoup plus sévèrement qu’un meurtre commis en première infraction ? Ce projet, qui ne fait qu’appliquer aux mineurs des dispositions concernant les majeurs, est également tout à fait inadapté au phénomène de la récidive des mineurs. Il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la justice des mineurs, plus encore que celle des majeurs, doit être capable de faire du sur-mesure, que la souplesse, l’adaptabilité sont ses plus grandes qualités, au contraire de l’automaticité et de la complexité des peines plancher. Or, ces dispositions vont radicaliser le système, favoriser les extrêmes aux dépens des décisions mesurées. Elles vont bien évidemment provoquer une augmentation sensible des peines d’emprisonnement et de leur durée.
 
Mais également, à l’inverse du but de fermeté recherché par le gouvernement, les praticiens seront tentés, pour échapper aux effets mécaniques redoutables des peines plancher, de prononcer des mesures éducatives, pas toujours efficientes pour certains multirécidivistes, là où, par exemple, un sursis avec mise à l’épreuve avec obligation de placement dans un centre éducatif fermé aurait été plus pertinent. Ce texte, idéologique et non pas pragmatique, est ainsi la négation d’un siècle d’élaboration patiente d’une justice spécialisée pour les mineurs et d’un demi-siècle de conception d’un savoir-faire extrêmement riche par les éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse et du secteur associatif.
 
Le système ainsi proposé est à l’opposé de celui de nos voisins allemands, dont la délinquance n’est pas sensiblement différente de la nôtre. Chez nos amis germaniques, c’est en effet le droit des mineurs qui s’applique aux majeurs de 18 à 20 ans et non l’inverse. En Allemagne, pas besoin d’une machine infernale concernant les peines plancher puisque, pour les mineurs, même s’ils ont commis de nombreux délits, une peine unique est prononcée dont le quantum doit être fixé en gardant à l’esprit un souci éducatif. Ceci dit, la question de la récidive des mineurs reste une question préoccupante, difficile et complexe, mais qui mérite mieux que ce texte illusoire. Notre pays dispose en effet déjà de toute une gamme de mesures qui permettent de lutter contre le phénomène de la récidive des mineurs. Cette palette continue d’ailleurs très régulièrement de s’enrichir. Une des innovations les plus fortes, qui n’est plus guère contestée aujourd’hui, a été la création en 2002 des centres éducatifs fermés qui connaissent, dans ce domaine, des résultats salués par le commissaire européen aux Droits de l’homme. Le problème est que les moyens pour mettre en œuvre ces mesures manquent cruellement. Ainsi des mesures éducatives pénales prononcées par les juges des enfants sont parfois exécutées, faute de moyens, plus de six mois après la décision. De la même manière, la région parisienne, qui compte, rappelons-le, plus de douze millions d’habitants dont un certain nombre vivent dans des banlieues en difficultés, ne dispose que d’un centre éducatif fermé et ce, depuis le mois d’avril 2007. Il y a actuellement six mineurs entre 16 et 18 ans dans ce centre éducatif fermé, qui monte en charge progressivement, mais qui ne pourra pas en accueillir plus d’une dizaine lorsqu’il fonctionnera à plein régime. En région parisienne, un seul autre centre éducatif fermé est programmé à l’horizon 2008.
 
La première urgence donc, si on voulait vraiment lutter contre la récidive des mineurs, serait de développer et de renforcer ces mesures existantes. La seconde urgence serait de s’attaquer aux causes de cette récidive : le chômage, les ghettos, les discriminations sous toutes leurs formes, l’échec scolaire, l’éclatement et la précarisation des familles. Il appartiendra bien sûr au Conseil constitutionnel, s’il est saisi, d’apprécier, dans sa souveraineté juridictionnelle, la conformité de ce texte à la Constitution.
Ce qui est certain c’est que ce projet est parfaitement contraire à l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant que la France a ratifiée. Or nous devons, comme chaque pays qui a ratifié cette convention, régulièrement rendre des comptes à la communauté internationale des Nations Unies sur son application. Il ne faudra pas s’étonner qu’à cette occasion notre pays soit à nouveau montré du doigt et quelque peu mis au ban de la communauté internationale.
Par Philippe Chaillou - Publié dans : récidive et peines minimales
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 07:47
Par Pierre Tournier



Devenir judiciaire des mineurs incarcérés
 Retour sur une enquête déjà ancienne mais non répliquée à ce jour
 
 
par Pierre V. Tournier (1)
 
 
   Il s’agissait d’une recherche, achevée au début des années 1990, reposant sur l’observation suivie d’une cohorte de mineurs mis en détention en février 1983 (environ 500 dossiers). Nous nous sommes intéressés aux affaires postérieures à la libération et sanctionnées par une condamnation inscrite au casier judiciaire avant le 1er juillet 1988. 98 % des mineurs étaient restés moins d’un an en détention. Cela donne un délai entre la libération et la date d’examen du casier de l’ordre de cinq ans.
 
   Une démarche en deux temps a été utilisée : on se pose, tout d'abord, la question de l'existence d'une nouvelle affaire sanctionnée par une condamnation sans restriction sur la nature de la peine ou le mode de jugement. Dans l'affirmative, on étudie les caractéristiques de la condamnation relative à la première affaire nouvelle. Ensuite, on se limite aux condamnations à l'emprisonnement ferme (avec ou sans sursis partiel) ayant un caractère définitif et l'on analyse les caractéristiques de la première affaire sanctionnée de cette façon.
 
Ensemble des affaires nouvelles
 
77 % des mineurs libérés ont été impliqués dans une nouvelle affaire, sanctionnée par une condamnation, sur une période d'environ cinq ans après la libération. L’expression « taux de récidive » serait tout à fait inappropriée puisqu’une proportion non négligeable de détenus suivis n’ont pas été condamnés dans l’affaire qui avait motivé leur incarcération en 1983. Par ailleurs, on n’utilise pas ici le critère de récidive légale.
 
   Le taux de nouvelle condamnation varie de façon importante selon l'infraction initiale : 57 % pour les crimes, 66 % pour les délits contre les personnes, 80 % pour les vols. Mais les variables les plus discriminantes se réfèrent aux condamnations antérieures. S’il existe une condamnation antérieure, le taux est de 91 % (contre 63 % sinon), il atteint 97 % lorsqu'il existe une condamnation antérieure à l'emprisonnement ferme (contre 73 % sinon).
 
Il s'écoule, en moyenne, neuf mois entre la libération et la nouvelle infraction, la distribution des durées étant très concentrée sur les premiers mois : 40 % des infractions sont commises dans un délai de moins de trois mois. Les nouvelles condamnations sont, en moyenne, prononcées onze mois après la commission des faits, le délai étant compris entre six et dix-huit mois dans 50 % des cas.
 
Affaires nouvelles sanctionnées par l'emprisonnement
 
60 % des mineurs libérés ont été de nouveau impliqués dans une affaire sanctionnée par une condamnation définitive à l'emprisonnement ferme, sur une période de cinq ans après la libération. Les variations observées précédemment sur les taux globaux (sans restriction sur la nature de la peine) se retrouvent ici. Mais l'effet des condamnations antérieures à l'écrou de février 1983 est encore plus marqué : s'il existe une condamnation antérieure, le taux est de 78 % (contre 43 % sinon), il est supérieur à 92 % lorsqu'il existe une condamnation antérieure à l'emprisonnement ferme (contre 54 % sinon).
 
 
 
Ainsi un mineur, une 1ère fois condamné à une peine d’emprisonnement ferme, et mis en détention dans une nouvelle affaire, sera, dans plus de 9 cas sur 10, impliqué dans les 5 ans qui suivront sa libération, dans une nouvelle affaire pour laquelle il sera de nouveau condamné à une peine d’emprisonnement ferme.
 
 
 
 
   De tels chiffres mériteraient d’être actualisés. Ils invitent à mettre sérieusement en doute le caractère dissuasif de la peine de prison aussi bien que son efficacité en matière d’insertion ou de réinsertion des mineurs, du moins pour le plus grand nombre.
 
 
Paris, le 11 juin 2007
 
 
Références bibliographiques
 
Tournier P.V., La détention des mineurs, observation suivie d’une cohorte d’entrants, Paris,  Ministère de la Justice,  Etudes & Données pénales, n°62, 1991, 109 pages.
 
Tournier P.V.,La mesure de la récidive en France, La Documentation française, Regards sur l’actualité, 1997, n°229, 15-23.
 

(1)Directeur de recherches au CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Université Paris 1. Panthéon Sorbonne, pierre-victor.tournier@wanadoo.fr
Par Michel Huyette - Publié dans : récidive et peines minimales
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /2007 07:40
  La justice des mineurs est de plus en plus au coeur de l'actualité. 
    
  Justice qui protège et justice qui sanctionne, elle est mal connue du grand public, et la présentation qui en est faite est souvent peu conforme à ce que connaissent et vivent les professionnels de terrain.
  C'est pourquoi il m'a semblé important de partager expériences et réflexions avec nos concitoyens pour que quelles que soient les opinions des uns et des autres, elles se fondent sur une réalité, et non sur des préjugés. 


     Michel Huyette
     Magistrat




Par Michel Huyette - Publié dans : Pourquoi ce blog ?
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