Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager
Réflexions et débats autour de la justice civile et pénale des mineurs
Mises à jour du Guide de la protection judiciaire de l'enfant
"Au cœur de la justice pénale des mineurs"
Depuis le mois de mars 2010, le Direction de la Protection Judiciaire de
la Jeunesse diffuse des reportages (http://www.justice.gouv.fr/
- "valoriser l'action des professionnels,
- permettre à un large public, via une diffusion internet, de mieux
comprendre le parcours judiciaire des mineurs ayant commis un acte de délinquance et les différentes approches de prise en charge."
Le 3ème reportage présente la prise en charge éducative des mineurs en établissement de placement éducatif (EPE)
: http://www.justice.gouv.fr/
L'ordonnance du 2 février 1945, relative à l'enfance délinquante, permet en effet au juge des enfants de retirer un mineur (dès l'âge de 10 ans) de chez ses parents en cas de commission d'infraction(s).
Cette décision, lourde de conséquences, apparaît nécessaire lorsque l'éducation donnée par les parents est insuffisante pour mettre un terme à un parcours devenu trop déviant (absentéisme scolaire, déscolarisation, violence, etc.) et aboutissant à la commission de délits.
Le jeune peut alors, en fonction de son comportement, être confié à un EPE (traditionnel foyer), à une famille d'accueil, à un centre éducatif renforcé (CER) ou à un centre éducatif fermé (CEF). L'objectif est d'aider le mineur à reprendre sa place dans la société, de prévenir la récidive et d'éviter ainsi son incarcération.
La défenseure des enfants (son site) vient de rendre public un rapport (1) intitulé :
"Enfants délinquants pris en charge dans les centres éducatifs fermés, 33 propositions pour améliorer le dispositif.
Après avoir précisé qu'elle a étudié les CEF sous l'angle des droits fondamentaux des mineurs et des attentes du législateur à l'origine de leur création (2), à savoir une alternative à
l'incarcération pour les jeunes commettant des infractions pénales à répétition, elle indique avoir constaté que près d'un quart des jeunes accueillis n'aurait aucun casier judiciaire ou n'aurait
commis qu'une infraction, que cela peut s'expliquer notamment par la fermeture de nombreux autres établissements et la volonté de marquer la gravité de l'acte commis.
Elle considère que cela stigmatise comme "délinquants difficiles" des jeunes qui ne le sont pas.
La défenseure propose ensuite une série de mesures, parmi lesquelles l'interdiction d'incarcérer au seul visa d'une fugue (3), la suppression de la détention provisoire pour les moins de
16 ans, la poursuite des mesures éducatives au-delà de 18 ans, une formation plus spécialisée de l'ensemble des intervenants, une réflexion autour des dispositifs offerts par la protection
judiciaire de la jeunesse (PJJ), notamment sur le thème de l'urgence.
---
1. La présentation du rapport est disponible en cliquant ici.
2. Loi du 9 septembre 2002.
3. La possibilité d'emprisonner un mineur, placé en CEF sous contrôle judiciaire, au seul motif qu'il en a fugué quand bien même il ne commet aucune infraction pendant son séjour en dehors de
l'établissement est véritablement discutable.
Guide de la protection judiciaire de l'enfant Mise à
jour
Chapitre 7 Pages 183 et suivantes
La cour de cassation, dans un arrêt du 8 juillet 2010, apporte une précision intéressante quant à l'articulation entre le droit français
et le droit européen de la protection de l'enfance.
Les faits sont les suivants : Après le divorce d'un couple ayant deux enfants, la mère s'installe en Grande Bretagne avec les deux enfants qui lui ont été confiés par un JAF français, le
père disposant d'un droit de visite et d'hébergement.
Saisi par le père, un tribunal anglais a maintenu la résidence des enfants chez la mère.
Après les vacances de Noël 2008, le père qui les recevait conserve les enfants avec lui. Il avait saisi un juge des enfants français qui, le 2 janvier 2009, lui a provisoirement confié la
garde des deux enfants.
La mère a alors saisi un tribunal anglais en se fondant sur la convention de la Haye qui réglemente les aspects civils des enlèvements internationaux d'enfants. En janvier et mars 2009, un
tribunal de Londres ouvre une procédure de protection pour ces mêmes enfants et décide de les entendre dès leur retour.
Saisie par le procureur de la République, une cour d'appel française, en avril 2009, impose le retour des enfants auprès de leur mère. Le père saisit la cour de cassation en faisant
valoir, notamment, qu'il n'avait pas été constaté la disparition du danger à l'origine de la décision du juge des enfants lui confiant provisoirement les enfants, décision toujours en vigueur à
la date de l'arrêt de la cour d'appel.
La cour de cassation répond, pour rejeter l'argument du père, que "si, aux termes de
l’article 20 du règlement CE du 27 novembre 2003 (Bruxelles II bis) qui vise les mesures provisoires nécessaires à la préservation de l’intérêt de l’enfant prises conformément au droit national,
le juge des enfants pouvait, en cas d’urgence, prendre les mesures provisoires ou conservatoires nécessaires à l’égard des enfants qui se trouvaient alors en France, la mesure de placement
provisoire cessait de produire effet dès lors que la High Court de Londres, compétente pour statuer sur l’exercice de l’autorité parentale à l’égard des enfants , avait, par jugement du 9 janvier
2009, pris les mesures appropriées, en déclarant les deux enfants pupilles et en les plaçant sous la tutelle de sa juridiction".
Deux notions juridiques étaient en conflit.
En assistance éducative, le juge des enfants peut, provisoirement, c'est à dire en attendant de pouvoir statuer avec plus d'informations à sa disposition, confier un enfant au parent chez
qui la résidence celui-ci n'a pas été fixée. C'est l'article 375-5 du code civil.
Une telle mesure prend fin soit quand le juge des enfants la supprime ou la remplace par une autre, soit à l'issue d'un délai de six mois si le juge n'a pas pris une autre décision et si
le parent qui élevait l'enfant le réclame (art. 1185 du code de procédure civile).
Par ailleurs, le règlement européen du 27 novembre 2003 prévoit dans son article 20
:
"En cas d'urgence, les dispositions du présent règlement n'empêchent pas les juridictions d'un État membre de prendre des mesures provisoires ou
conservatoires relatives aux personnes ou aux biens présents dans cet État, prévues par la loi de cet État membre même si, en vertu du présent règlement, une juridiction d'un autre État membre
est compétente pour connaître du fond. Les mesures prises en exécution du paragraphe 1 cessent d'avoir effet lorsque la juridiction de l'Etat membre compétente en vertu du présent règlement pour
connaître du fond a pris les mesures qu'elle estime appropriées."
La cour de cassation nous indique donc, en clair, que la disposition européenne, qui prévoit que la mesure de protection prise dans un pays autre que celui de la résidence de l'enfant
cesse d'avoir effet dès lors que les autorités de ce pays prennent le relais. Cela est logique car sinon la règle européenne serait privée d'effet en cas de refus du juge français de donner
mainlevée de son ordonnance.
Autrement dit, la décision du juge des enfants français a pris fin, même sans que ce magistrat n'en donne officiellement main-levée dans une autre décision, le jour ou un tribunal anglais
a ouvert pour les mêmes enfants une mesure de protection.
L'ordonnance de placement provisoire n'a donc été en vigueur que du 2 au 9 janvier 2009.
Guide de la protection judiciaire de l'enfant Mise à
jour
Chapitre 11 Pages 309 et suivantes
Les ASH (actualités sociales hebdomadaires) viennent de publier un numéro spécial
intitulé :
"Le traitement judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles"
Ce fascicule est
écrit par un médecin psychiatre (Florent Cochez) et deux magistrats (Ivan Guitz et Pierre Lemoussu).
Il traite l'ensemble de la problématique (cf. table des matières) : les infractions, les
auteurs, les procédures, les sanctions, la prise en charge thérapeutique, les victimes.
C'est un ouvrage synthétique mais complet qui permet de faire le tour de la question avec des informations mises à jour et fiables.
Le gouvernement a récemment donné mission à une sénatrice d'analyser la situation des mineurs isolés étrangers présents sur le territoire français.
Celle-ci a rendu son rapport, qui aborde la question sous toutes ses composantes : nature et ampleur du phénomène, intervention des services de l'Etat et des collectivités locales, cadre
juridique applicable.
Pour lire le rapport, cliquer ici.
La cour de cassation, dans son bulletin d'information du 15 mai 2010, publie une étude intitulée :
"La convention internationale des droits de l'enfant dans la jurisprudence des cours d'appel".
Il s'agit d'une synthèse de quelques décisions récemment rendues, notamment en assistance éducative.
Pour lire le document,
cliquer ici.
Cet article est à lire sur le blog www.parolesdejuges.fr en
cliquant
ici
Guide de la protection judiciaire de l'enfant Mise à
jour
Chapitre 14 Pages 449 et suivantes
Guide de la protection judiciaire de l'enfant Mise à
jour
Guide de la protection judiciaire de l'enfant Mise à
jour